Que s'est-il passé ?
L'agence Reuters a publié des conclusions selon lesquelles la plateforme crypto dubaïote Shelbit envoyait des fonds vers Binance, la plus grande plateforme de crypto-monnaies au monde. Selon les informations reprises par le site The Block, il s'agirait d'environ 676 millions de dollars dirigés vers Binance et, au total, de plus de 4 milliards de dollars traités depuis mai 2024.
Reuters décrit un réseau lié à des sites de jeux d'argent iraniens, à la banque centrale iranienne et aux Gardiens de la révolution iraniens (IRGC, la composante armée que les États-Unis inscrivent sur leur liste des organisations terroristes). L'objectif présumé de l'opération aurait été de contourner les sanctions internationales imposées à l'Iran.
C'est pour l'instant tout ce que l'on peut établir sur l'opération elle-même à partir de la source citée. Charliedesk n'a pas vérifié les transactions de manière indépendante et travaille exclusivement avec ce qu'indique Reuters via The Block.
Qu'est-ce exactement que Shelbit et comment aurait-elle fonctionné ?
Shelbit est, selon la description, une plateforme dubaïote. Selon Reuters, elle aurait servi de point de transit (un endroit par lequel l'argent circule ensuite) entre les entités iraniennes et le marché crypto au sens large. La mécanique précise, les différents portefeuilles, la chronologie des transferts individuels ainsi que la méthodologie utilisée par Reuters pour calculer les montants ne sont pas indiqués dans le résumé disponible.
Qu'est-ce que cela signifie pour Binance ?
De la source disponible, il ne ressort pas que Binance ait été accusée de violation des sanctions en lien avec Shelbit. Le fait que des fonds soient arrivés sur la plateforme ne signifie pas en soi que celle-ci connaissait leur origine ni qu'elle a participé au contournement des sanctions. Ce lien n'est pas démontré par la source disponible.
Il est toutefois juste de replacer cela dans son contexte. Binance a conclu en 2023 un accord avec les autorités américaines en raison de manquements en matière de blanchiment d'argent et de sanctions, et fait depuis l'objet d'une surveillance accrue. L'entreprise est par ailleurs confrontée à d'autres litiges juridiques. Selon CryptoSlate, un tribunal a décidé le 24 juillet que le FTX Recovery Trust peut continuer à réclamer au moins 1,76 milliard de dollars que FTX aurait, selon la plainte, transférés à des parties liées à Binance lors d'un rachat d'actions en 2021. Cette décision ne détermine cependant ni culpabilité ni attribution d'argent à quiconque, elle permet seulement de poursuivre la procédure. Il s'agit d'une affaire distincte qui n'a aucun lien avec l'opération iranienne.
Qu'est-ce qui est prouvé et qu'est-ce qui ne l'est pas ?
L'essentiel est de séparer ce qu'affirme la source de ce qui est juridiquement confirmé.
| Affirmation | Statut |
|---|---|
| Reuters fait état d'un transfert d'environ 676 M USD vers Binance | attesté par la source |
| Shelbit aurait traité plus de 4 Md USD depuis mai 2024 | attesté par la source |
| Lien avec des sites de jeux d'argent iraniens, la banque centrale et l'IRGC | affirmé par Reuters, non confirmé de manière indépendante |
| Binance a sciemment permis le contournement des sanctions | non prouvé |
| Inculpations ou sanctions visant des personnes précises | aucune attestée |
À quoi faire attention avec ce type d'informations ?
Les reportages des agences d'investigation reposent souvent sur des documents et des sources auxquels le lecteur n'a pas d'accès direct. Cela ne signifie pas qu'ils sont inexacts, mais cela signifie que, tant qu'ils ne sont pas confirmés par une institution indépendante (régulateur, tribunal, communiqué officiel), il s'agit d'affirmations et non de faits prouvés. Dans les affaires liées aux sanctions et à l'Iran, la géopolitique est de surcroît un sujet sensible, aussi suivez l'évolution en priorité via les sources officielles : réactions de Binance, éventuelles démarches de l'office américain OFAC ou du ministère de la Justice.
Charliedesk surveillera si une réaction officielle de Binance apparaît, si un quelconque régulateur confirme l'affaire et si une inculpation tombe. Nous gardons cet article comme vérifiable : si une confirmation ou un démenti officiel arrive, nous le compléterons.

