Que s'est-il passé ?
Michael Saylor, cofondateur et président exécutif de la société Strategy, est entré dans le débat sur la gouvernance du protocole Bitcoin. Selon le site The Defiant, il a publié le 18 juillet sur le réseau X un essai intitulé « 110 Reasons BIP 110 Is a Bad Idea », dans lequel il appelle au rejet de la proposition BIP-110.
Il s'agit d'une démarche rare. Saylor est surtout connu comme un défenseur de Bitcoin en tant qu'actif et réserve d'entreprise, et non comme une voix active dans les débats techniques sur les modifications du protocole. The Defiant décrit cela comme son incursion isolée dans le domaine de la gouvernance du réseau.
Qu'est-ce que le BIP-110 ?
Un BIP (Bitcoin Improvement Proposal) est un format standardisé de proposition de modification de Bitcoin. Selon une note éditoriale de CryptoSlate, le BIP-110 propose un soft fork annuel, donc temporaire, qui limiterait au niveau du consensus certaines façons de stocker des données arbitraires et d'utiliser des scripts.
Un soft fork est une modification des règles qui durcit ce qui est valide et reste rétrocompatible avec les nœuds plus anciens. « Anti-spam » signifie dans ce contexte une volonté de limiter les inscriptions de données que les critiques considèrent comme un abus de la blockchain.
CryptoSlate présente les deux camps : les partisans affirment que les limites réduiraient l'abus du stockage réseau et protégeraient les ressources des nœuds, tandis que les opposants sont en désaccord avec la proposition.
Quels sont les arguments de Saylor ?
Selon le site Decrypt, Saylor a qualifié le soft fork de « mauvaise idée » et a averti qu'il causerait plus de dommages que le problème qu'il est censé résoudre. Les sources ne fournissent pas le détail complet des 110 points, c'est pourquoi nous ne récapitulons pas ici les arguments individuels concrets au-delà de ce que les sources confirment.
Où en est le vote des mineurs ?
C'est le chiffre clé de toute l'histoire. CryptoSlate indique que le suivi en direct montrait une signalisation en faveur de la proposition au niveau de 0,89 %. Par ailleurs, selon la même source, la période de difficulté actuelle ne peut déjà plus mathématiquement atteindre le seuil qui conduirait à un verrouillage anticipé de la proposition (early-lock threshold).
En termes simples : au moment de l'intervention de Saylor, le soutien parmi les mineurs était très faible et une fenêtre temporelle précise pour une approbation rapide était pratiquement fermée. CryptoSlate présente cela comme le fait que les mineurs ont une dernière chance d'éviter la signalisation forcée (forced signaling).
| Donnée | Valeur selon la source |
|---|---|
| Date de l'essai | 18 juillet (The Defiant) |
| Nombre de points de l'essai | 110 (The Defiant) |
| Durée du soft fork proposé | 1 an, temporairement (CryptoSlate) |
| Signalisation en faveur de la proposition | 0,89 % (CryptoSlate) |
| Seuil de verrouillage anticipé dans la période actuelle | mathématiquement inatteignable (CryptoSlate) |
Est-ce lié à la trésorerie de Strategy ?
Aucun lien direct n'est confirmé. Indépendamment du débat sur le protocole, CoinDesk a rapporté le 20 juillet que Strategy avait augmenté ses réserves de liquidités à 3,225 milliards de dollars et laissé ses avoirs en bitcoins inchangés pour la deuxième semaine consécutive. Selon CoinDesk, la société a utilisé le capital levé pour renforcer sa trésorerie afin de verser les dividendes des actions privilégiées.
Charliedesk ne relie ces deux événements par aucun lien de causalité. Il s'agit de deux faits distincts de la même semaine, concernant la même personne et son entreprise.
Que surveiller dans ce type d'événement ?
Dans les débats sur un soft fork de Bitcoin, il est décisif de suivre la signalisation des mineurs à travers les périodes de difficulté et de savoir si et comment le seuil d'activation est défini. Un chiffre faible à un instant donné (ici 0,89 %) n'est pas le résultat final, mais montre l'état d'esprit actuel du réseau. Que le BIP-110 obtienne finalement un soutien ou tombe dans l'oubli reste ouvert au moment de la rédaction.

