De quelle métrique parle-t-on ?
ARK Invest et Glassnode ont publié le 1er septembre une évaluation commune qui mesure ce que l'on appelle le risque de captation du réseau (network capture). Le chiffre clé : le plus petit groupe d'entités productrices de blocs qu'il faut réunir pour franchir le seuil pertinent pour le contrôle du protocole.
Selon leur cadre, ce chiffre est le suivant :
| Réseau | Nombre d'entités pour franchir le seuil |
|---|---|
| Bitcoin | 3 |
| Ethereum | 3 |
| Solana | 19 |
Source : CryptoSlate, se référant au score commun d'ARK Invest et Glassnode.
Lu isolément, cela ressemble à un point en faveur de Solana : réunir une coalition de 19 entités est plus difficile que d'en mettre 3 d'accord. Sur cet axe unique, Solana dépasse donc Bitcoin comme Ethereum.
Pourquoi Bitcoin arrive-t-il alors premier en décentralisation ?
Parce que la coalition nécessaire pour perturber le consensus n'est qu'un risque parmi plusieurs. Le même cadre, selon CryptoSlate, prend aussi en compte la propriété, l'infrastructure, le logiciel, l'auditabilité et la rapidité avec laquelle on peut sortir du réseau. Dans le classement composite global de la décentralisation, Bitcoin arrive premier.
Autrement dit : la métrique "combien d'entités doivent s'unir" et la métrique "avec quelle facilité le réseau peut échouer pour une autre raison" ne sont pas la même chose. La tension entre ces chiffres est au cœur de toute l'histoire.
Où se situe donc ce risque logiciel ?
Le logiciel figure dans l'évaluation comme une voie d'exposition distincte. Le risque ici ne concerne pas une coalition de mineurs ou de validateurs, mais le fait qu'une seule faille dans le logiciel client dominant peut affecter le réseau dans son ensemble. C'est un autre type de vulnérabilité, qui ne peut pas être capturé par un chiffre comme "19 entités".
Précision sur ce que l'on sait et ce que l'on ignore : les sources elles-mêmes présentent le logiciel comme un axe de risque, mais nous ne disposons pas, dans les documents accessibles, d'une quantification concrète de ce risque pour Solana. Nous n'avançons donc aucun chiffre qui chiffrerait ce scénario précis.
Qu'est-ce qui change techniquement sur Solana en ce moment ?
En parallèle, le réseau traverse un changement concret. Selon BitHub.pl, la taille maximale d'une transaction unique a été augmentée de 1232 octets à 4096 octets, soit environ le triple.
CoinDesk replace cela dans le contexte de la fonction Transaction v1, qui, selon leur article (daté du 7 septembre), s'active mercredi. L'objectif est de permettre à une seule transaction de contenir des preuves plus complexes et de grandes opérations multisig. Effet secondaire : les services qui lisent les données de Solana doivent se mettre à jour.
C'est précisément le type de changement où le risque logiciel se manifeste en pratique. Une modification du protocole, que tout l'écosystème d'outils qui l'entoure doit prendre en compte, est le moment où une faille ou un service non mis à jour peut causer des problèmes.
Que se passe-t-il au niveau de l'activité du réseau ?
En parallèle, l'activité des applications augmente. Selon Cointelegraph, l'application Fomo a généré vendredi des revenus de 1,76 million de dollars, dépassant ainsi le launchpad Pump.fun avec 1,1 million de dollars pour la même journée. Sur une fenêtre de 30 jours, selon la même source, Pump.fun reste toutefois en tête.
Un dépassement sur une seule journée n'est pas la même chose qu'une tendance de long terme. Nous présentons les deux chiffres côte à côte précisément pour que le lecteur puisse les remettre lui-même en contexte.
À quoi faut-il faire attention avec ce type d'information ?
- Un chiffre ne représente pas l'image complète. "19 contre 3" mesure un axe précis, pas la résilience globale du réseau.
- La méthodologie est décisive. Qui définit le seuil et comment détermine le classement final. Il s'agit ici du cadre commun d'ARK Invest et Glassnode.
- Les changements de protocole sont des points sensibles. L'activation d'une nouvelle fonction, que tout l'écosystème d'outils doit adopter, est un moment de risque opérationnel accru.
- Métriques quotidiennes contre mensuelles. Un record sur une seule journée ne dit rien de la tendance.
Charliedesk ne donne aucune recommandation d'achat ni de vente. Nous montrons ce qui s'est passé et ce que les données en disent. Lorsqu'il apparaîtra si le changement annoncé se déroule sans incident, cela pourra être vérifié a posteriori par rapport à ce texte.

